Découvrez notre playlist du turfu !

L’équipe et les bénévoles des Cuizines se sont prêtés au jeu d’imaginer le sort et les formes de la musique dans le futur pour fêter leur 17ème anniversaire. Pour contribuer à cette quête improbable, il a été demandé aux personnes qui gravitent autour de la structure, de citer des exemples de musique futuriste, que ce soit dans la composition, dans les choix artistiques  ou dans son décalage par rapport à son temps.

Penser la musique qui existera dans le futur c’est avant tout anticiper les nouveaux défis et contraintes auxquels devront s’adapter la diffusion et la consommation musicale. Pour alors continuer à se réinventer, le marketing musical doit développer de nouvelles stratégies pour répondre aux transformations des habitudes sociales qui désormais se jouent derrière les écrans. Facile à faire circuler sur le net, la musique accompagnant les nouvelles technologies peut maintenant plus se penser en terme de viralité que de ventes – et d’une viralité commune que la musique partage avec les mèmes!

Faire de l’essence de sa musique une réserve de potentiels viraux à se réapproprier et à détourner sur les plateformes d’expression peut alors devenir une force commerciale considérable. “Aujourd’hui, écrire une bonne chanson, c’est savoir cibler des mots qui vont être réappropriés dans des contextes différents et faire de la promotion constante pour les produits”, résume le musicien, producteur et DJ français Shkyd. Sur la même vague que le Harlem Shake ou que le ScoobyDoo Papa de DJ Cobra – devenu un hit en pleine apogée des mèmes sur Shaggy dans les trendings topics sur Tweeter – Vladimir Cauchemar pourrait contribuer à donner une visibilité intéressante à la musique électronique sur les réseaux sociaux.

 

Amaury Barnaud (stagiaire technique) : Vladimir Cauchemar – Aulos

Producteur adoubé des rappeurs (de 6ix9ne, à Lomepal ou encore Vald), Vladimir Cauchemar se cache sous son avatar masqué de tête de mort, utilise un accent russe et des sons de flûte… qui pourrait sembler étrange dans la trap, mais qui passent si bien !

 

Félix (membre de Venus VNR, en première partie de Cadillac) : Bertrand Brugalat – Les choses qu’on ne peut dire à personne

Véritable troll, Bertrand Burgalat chantonne des tubes PhillipeKaterinesque, avec un physique de commercial en assurance.

 

Elodie Guitot (directrice des Cuizines) : Billie Eilish – WHEN WE ALL FALL ASLEEP, WHERE DO WE GO?

Billie Eilish explore les potentialités des nouvelles technologies d’enregistrement depuis sa chambre pour réinventer sa production pop de base sur laquelle elle fait se balader des vagues de nouvelles sonorités oniriques. C’est dès lors dans le cadre d’intimité émotionnelle et sonore qu’elle propose en invitant son public à pénétrer sa chambre transformée en studio d’enregistrement que l’identité musicale de Billie Eilish est progressivement devenue le langage dominant de l’univers ASMR.

 

Sophie Labbe (assistante de communication & événementiel aux Cuizines) : Xploding Plastix – Treated Timber Resists Rot

Toujours dans l’exploration sonore, le groupe norvégien d’électrofunk Xploding Plastix part à la recherche de sonorités des plus étranges et inattendues à sampler, pour créer un univers musical à la fois complexe et puisant dans la simplicité d’un quotidien qui tend à passer inaperçu. Faire de la musique indéfinissable dans une brèche du commun entre trip hop et électro jazz avec des cloches, des fourchettes ou des ballons couinant devient non seulement possible mais une réelle éthique musicale à explorer dans les années avenir.

 

Sonia Salhi (chargée de communication à la Ferme du Buisson) : FKA Twigs – LP1

Dans une passion révoltée pour l’exploration des limites qu’on établit socialement aux choses qui nous entourent pour mieux les appréhender, les productions de FKA Twigs reflètent le malin plaisir de l’auteure-interprète à brouiller nos clés de compréhension des esthétiques musicales existantes. A mi-chemin entre RnB et ambient musique sur une influence jazz sous jacente, FKA Twigs – qu’on essaie de catégoriser dans une esquisse floue de post dubstep, de trip hop rénové ou de house déstructuré – nous font nous demander si le futur de la musique doit rénover ses cadres de catégorisation ou si au contraire il ne se trouverait pas dans une distance nouvelle et assumée par rapport à la rationalisation obsessionnelle.

 

Lise Soulié (membre du groupe Rever.se) : Ta-Ra – Rare1

Chanteuse franco-algérienne originaire de banlieue parisienne, Ta-Ra joue sur sa voix cristalline, qu’elle s’amuse aussi à brancher en mode cloud rap, pour nous faire voyager dans son univers onirique, quelque part coincé entre le RnB et l’électronique.

 

Malo Lacroix (VJ artist en résidence avec Vimala) : Yves Tumor – Serpent

Avec une diversité sonore très intéressante, l’album Serpent nous embarque dans un voyage captivant à travers d’inattendus instruments organiques, textures du vivant, samples et field recordings. Autour d’expérimentations électroniques déstructurées, c’est dans une ambiance rêveuse de lo-fi psychédélique que nous installe Yves Tumor avec son nouvel album.

 

Anaïs Dedit (chargée de communication et graphiste aux Cuizines) : Arca – Xen

Entre pop sombre et techno en arrière plan, c’est avec grande impression que la réalisateur.rice artistique de musique électronique vénézuélien.ne non binaire Arca – notamment connu.e pour avoir produit Bjork – fait irruption dans le panorama musical actuel. Déroutant par rapport à nos référentiels, son album Xen se forge la réputation de totalement inclassable en mettant en scène des visuels qui sans doutes nous révèlent ce à quoi pourront ressembler les humains dans le futur…

 

Alexandre Koneski (membre du groupe Space Nerdz) : Shpongle – Codex VI

Après avoir présenté un.e artiste vénézuélien.ne, continuons sur la lancée de la décentralisation, pour encourager à partir à la recherche des perles musicales oubliées par l’histoire du fait qu’elles ne se trouvent pas dans les pôles économiques éclairés par les projecteurs mondiaux quotidiens. A l’origine du psybient, Shpongle se propose de ressusciter les musiques traditionnelles du monde entier dans une fusion de sons contemporains des synthétiseurs, de trance psychédélique et de musique ambient.

 

Natacha Lepesme (stagiaire technique) : Tonn3rre

Explorer une fusion de styles et d’instruments; une fusion qui entrelace machines et peaux des bêtes (de quoi continuer à annoncer une belle décentralisation)! Le dernier Tonn3rre sera à entendre à La Ferme Electrique ou rien, ces 5 &6 Juillet prochains.

 

Clément Duboscq (membre du groupe Brusque) : Author and Punisher – Beastland

Pour continuer à explorer la relation musicale ambiguë de l’homme avec la machine, les premières pépites de fabrication home made font leur apparition. Dans un désir d’expérimenter sur scène différentes textures et de renouer un rapport physique avec les machines-instruments de demain, Author and Punisher réinvente ses instruments de travail à base de récup’.

 

Clément Mijadec (chargée de communication et relations aux publics à File7) : Vektor – Terminal Redux

Formation science-fi metal, Vektor est aussi catalogué de « techno black prog thrash metal » s’il vous plaît. Un groupe qui avale toutes les esthétiques possibles.

 

Arnaud Gravade (chargé de programmation et de production aux Cuizines) : Pharmakon – Bestial Burden

Quand on sait que les sons de l’album ont été écrits pour exorciser une expérience d’hospitalisation, on peut deviner que Bestial Burden joue un rôle cathartique et quelque peu existentiel pour l’artiste Margaret Chardiet. Le malaise qui nous envahit en écoutant cette expérimentation sonore dans la silhouette d’une sombre musique industrielle peut avant tout être re-signifiée philosophiquement comme une exploration introspective du rapport du corps à l’esprit. Le corps devient pendant la courte demi-heure que dure l’album une machinerie extrêmement complexe dont le moindre rouage peut craquer à tout instant, remettant en question toute emprise rationnelle de notre esprit sur celui-ci.

 

Sirima Mahrez (bénévole aux Cuizines) : Flying Lotus – Flamagra

Avec son nouvel album Flamagra, le producteur californien rallume la flamme de son groove cosmique qui a magistralement contribué à faire s’effondrer sur elles mêmes les frontières entre le rap et le jazz. La forme en brasier stellaire de la pochette parle pour elle-même en ce qui concerne la fibre futuriste de l’album.

 

Sarah Leumenier (assistante action culturelle aux Cuizines) : M83 – Hurry up, we’re dreaming

Entre shoegaze et dream pop, M83 avec un album assez explicite se lance le défi de nous plonger dans une réflexion introspective sur ce que l’avenir pourrait nous réserver… et quoi de plus abstrait, de plus personnel et énigmatique que nos rêves pour nous révéler les indices imperceptibles du quotidien que seul notre inconscient est capable capter? Le champs d’action de nos futurs possibles se joue dans nos rêves… Et si nous devenions des rêveurs lucides pour parvenir à démêler cette quête improbable?

 

Myriam Bonafous (éducatrice spécialisée en accompagnement aux Cuizines) : Jamiroquai – Automaton

Jamiroquai ou comment réinventer la disco avec des bases électro-pop.

 

Jane Gray (chargée de production au Plan) : Bon Iver – 22 a million

Avec l’impression de parfois retomber sur le cul en écoutant cet album et soudain s’égarer à penser qu’il s’agirait peut être d’un disque de gospel d’une modernité ahurissante, Bon Iver sait parfaitement comment nous faire perdre tous nos repères à l’aide de son synthé et de la liberté absolument qu’il s’accorde à mélanger au gré de ses envies folk, jazz ou même électronique.

 

Maude Gasset (chargée d’action culturelle et de la programmation jeune public aux Cuizines) : Babylon Zoo – The Boy with the X-Ray Eyes

Sans complexes pour débarquer en concert enveloppé dans un sari en papier alu, Jas Mann – seul membre permanent de Babylon Zoo – assume vouloir faire les choses jusqu’au bout quand il s’agit de ramener à la lumière la scène de rock alternatif en ébullition underground dans sa forme la plus space-psychédélique.

 

Martin Delbos (membre du groupe NTRM) : Electric Ladyland – Jimi Hendrix

Disque cosmique intemporel et indémodable, l’historique Electric Ladyland est un réel cataclysme sonore qui balaie tout sur son passage et reste aujourd’hui le symbole parfait de la fusion et de l’alchimie entre le blues , le psychédélisme folk et le rock.

 

Lionel Olivo (chargé d’accompagnement de la scène locale et studios de répétition aux Cuizines) : Herbie Hancock – Head Hunters

Toujours à la recherche du nouveau et du non-familier, par exemple dans sa prédilection croissante pour les claviers analogiques et les synthétiseurs, Herbie Hancock a contribué a sans cesse repousser les frontières de ce que signifie “jazz” avec l’arme ultime de la fusion avec des musiques non-traditionnelles telles que le funk, la soul, le hip-hop et même le rock. Fusionner pour réinventer, telle pourrait être la clé de transition vers la musique du futur…

 

Eloïs (membre de Rever.se & Dumb Crying) : Cloak – Jordan Rakei

Jordan Rakei ou le brouilleur de pistes.

 

Magali Roberto (bénévole aux Cuizines) : Frank Ocean – Blonde

Qui aurait cru que jouer sur des dissonances subtiles pour volontairement titiller notre oreille arriverait à nous faire planer ? Premier artiste à faire son coming-out dans la macho-sphère rap, Frank Ocean propose un album r’n’b pop minimaliste, bien loin des super-productions du moment.

 

David Bernard (documentaliste à la Médiathèque de Chelles) : Soudiere – Out of Time

Producteur phare de la phonk à la française, Soudière s’amuse avec sa liberté musicale pour vivre pleinement sa passion pour le early rap démoniaque de Memphis, les vidéos planquées dans les égouts de Youtube, les cartoons et les logiciels de MAO, le tout saupoudré d’une grosse dose d’attitude DIY et de sampling de bizarreries des plus identifiables.

 

Enora Yhuel (spectatrice des Cuizines) : Stranger – Yung Lean

On pourrait croire qu’il vient d’Atlanta, mais non, Yung Lean est … néerlandais. Ce bidouileur de sons lo-fi est le futur d’une génération de producteur qui met un point d’honneur à composer des boucles chill.

 

Maxence Kowalyszin (assistant de communication aux Cuizines) : Népal – 445e nuit

Il ne cherche pas la gloire du stream, pas la gloire du live, ni le strass et les paillettes de la planète rap d’ailleurs. Nepal est un activiste de l’underground, et tiens bien à rester derrière son masque de Kakashi (les amateurs de Naruto se reconnaîtront).

 

Raphaël Soulier (membre de ALP) : PNL – Deux frères

Deux Frères, un album-sacre, qui signe le retour des précurseurs du cloud rap, ce rap chill, qui parle de névroses à travers ses productions.

 

Sandrine Courtial (ancienne membre du Pince Oreilles, co-directrice de l’ARA) : Starmania

Il fallait quelqu’un pour le faire, on ne la sous-estimera jamais cette référence plus qu’évidente. Bravo Sandrine pour ton courage !